Animalis

« le grand regard animal »

 

Présentation d’Animalis par Yvon Rivard lors du lancement du livre le 11 octobre 2018 à la Maison des écrivains à Montréal.

Extraits de la présentation :

« J’aime les animaux, j’aime les êtres qui aiment les animaux, j’aime surtout les écrivains qui ont les trois qualités que Baudelaire exigeait de la critique, mais que j’attends aussi de tous les écrivains : qu’ils soient passionnés, partiaux et politiques. Ceux qui connaissent Claire savent qu’elle possède au plus haut point ces trois qualités. J’aime beaucoup aussi le fait qu’elle soit lyrique. On dit beaucoup de mal du lyrisme. Le vrai lyrisme, que je retrouve dans le livre de Claire, ce n’est pas sentimentalité, ce n’est pas superficialité d’émotion, c’est l’amour de la vie, de toutes les formes de vie qu’on défend et qu’on célèbre, et surtout les formes de vie qui sont menacées ou qui viennent de disparaître. En se penchant sur ce qui est menacé, Claire nous parle de notre propre disparition. J’aime aussi que ce lyrisme soit nourri, travaillé. C’est un lyrisme qui s’appuie sur une connaissance à la fois empirique, sur le terrain (visite des refuges d’animaux, des réserves…) et sur des recherches livresques, scientifiques, sans jamais que ça soit lourd. On apprend ainsi plein de choses, mine de rien, ce qui est la bonne façon d’apprendre.

« Il y a également une sorte de connaissance onirique de l’animalité, c’est-à-dire que vous allez, dans le livre, rencontrer les amis qu’on a vus (quelques-uns et d’autres) en photo (diaporama d’animaux, présenté au lancement) et qui l’ont amenée un peu partout dans l’Ouest canadien, en Mauricie, au Brésil, mais aussi des figures d’animaux qui viennent de la mythologie et des rêves. Le livre commence donc en terrain plus ou moins connu (qui peut dire qu’il a vu des grizzlis ou qu’il a passé des heures en forêt pour voir tel ou tel animal?), puis nous amène ici et là à l’intérieur de nous-mêmes. Fréquenter la nature et les animaux est comme l’amorce d’une descente en soi et c’est ce qui m’a beaucoup touché dans ce livre. Je le savais déjà, mais grâce à cet essai, je l’ai revécu et encore plus profondément : au contact des animaux, on découvre une sorte de réserve écologique sacrée à l’intérieur de nous, on se rend compte qu’on est contemporain des animaux que nous étions avant de dégénérer. Le livre n’est pas une simple description des animaux, c’est l’investissement d’une réalité qui peu à peu nous devient intérieure.

« J’ai aimé la prose pure, transparente d’Animalis. J’ai dit sur la quatrième de couverture que c’était la prose de quelqu’un qui avait « le grand regard animal » dont parle Rilke, écrivain qui était très proche des animaux dont il disait qu’ils nous apprennent à voir, à vivre et à mourir parce qu’ils ont, comme les enfants, le regard tourné vers l’ouvert, cet espace qui apparait lorsqu’il n’y a plus de frontières entre l’intérieur et l’extérieur, entre le lointain et le proche, espace ouvert qu’il a appelé aussi « l’espace intérieur du monde ». Dans le livre de Claire, on a l’impression qu’on se déplace dans cet espace, et pour donner à percevoir cet espace, il faut un sacré travail non seulement de recherche, mais une purification du regard qui se fait par un travail sur la langue. Enfin j’aime que le livre soit émaillé de citations d’écrivains qui aiment les animaux. Je lui dois de m’avoir réconcilié avec Voltaire parce qu’il aimait les animaux. Je me suis dit : maintenant avant de condamner quelqu’un, essaie de voir s’il aime les animaux, s’il aime les animaux, on peut lui pardonner beaucoup de choses. »

Texte de la quatrième de couverture d’Animalis, essai édité sous la direction d’Yvon Rivard :

« Si vous mangez de la viande, n’avez pas d’animaux domestiques, avez peur des loups, n’êtes jamais allés en montagne ou dans un zoo et ne savez pas comment combattre la violence des hommes, ce livre est pour vous. Claire Varin n’est ni vétérinaire ni éthologue, ni sociologue ni anthropologue, c’est une écrivaine qui croit qu’on « juge la valeur d’une nation par la façon dont les animaux sont traités » (Gandhi) et que si on voulait pacifier le monde « on pourrait, de nation à nation, commencer par tomber d’accord sur l’amour qu’on doit aux bêtes » (Zola). Encore faudrait-il  reconnaître que les animaux sont doués de sentiments et de sensibilité, sinon d’une vie nécessaire à la survie des écosystèmes et à l’équilibre de notre psyché, en nous reliant au monde mystérieux dont nous venons.

« Pour se rapprocher de ceux qui nous apprennent notre métier d’humain, Claire Varin visite les parcs animaliers, les réserves écologiques, les refuges d’animaux maltraités du Québec et de l’Alberta, en passant par le Brésil. Animalis devrait éveiller votre curiosité, susciter votre indignation, vous inviter à apprivoiser plutôt que de la refouler la vie sauvage qui est encore en nous une source de silence et de joie, tout en résistant à la tentation de domestiquer ces êtres qui « ne savent pas mentir ni être intentionnellement cruels ».

« Animalis est écrit dans une langue pure, précise, transparente à travers laquelle apparaît « le grand regard animal » dont Rilke dit qu’il nous enseigne à voir et à mourir. Après l’avoir lu, vous pourrez continuer à manger de la viande, mais vous saurez désormais ce que vous mangez ; sinon vous aimerez encore plus ce dont vous vous privez. »

Animalis Claire Varin sur notre rapport aux animaux

3 réflexions sur “Animalis

  1. Je viens de terminer la lecture de votre petit chef-d’oeuvre sur les animaux. Ce qui m’a séduit en premier, c’est la virtuosité de votre écriture qui ne s’accommode de rien de moins que la perfection. Mais c’est surtout le coeur qui parle dans ce plaidoyer en faveur de nos amies les bêtes et qui, en même temps, s’insurge contre la tragique condition de certaines. Ce n’est pas pour rien que vous mentionnez au début Auschwitz. Ces laboratoires où on leur fait subir le martyre n’évoquent-ils pas les sinistres expériences inhumaines menées dans les camps de concentration nazis?
    Puis il y a les animaux heureux, choyés par ceux qui les aiment. La disparité de leur sort sur cette terre est une piste que vous explorez avec beaucoup de sensibilité et délicatesse et non sans vous interroger sur la supériorité que l’homme croit détenir sur l’animal.
    Vous avez fait beaucoup de chemin afin d’écrire ce livre, visité des zoos, des parcs nationaux, des zones d’écologie contrôlée et vous êtes allée jusqu’aux confins des mystérieuses forêts, paradis des bêtes sauvages.
    Je vous le redis, cette lecture m’a enchantée et votre livre mérite une large audience, ce que je vous souhaite et si Renaud-Bray ne vous appose pas en page couverture l’étiquette autocollante proclamant leur coup de coeur, c’est qu’ils n’ont pas de coeur.
    J’oubliais… Il faudrait que votre ours bouddhique sache qu’afin de lutter contre le réchauffement de la planète, nous devrons nous résigner à réduire notre consommation de viande et, dans le pire des cas, à renoncer à notre régime carné mais qu’il ne s’inquiète pas trop. Cette désagréable perspective n’est pas pour demain.
    Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance avec ce petit bijou de livre qu’est Animalis. Diane Giguère

    • Merci beaucoup de de vos voeux et de ce commentaire si gratifiant. Il me vient de vous le coup de coeur que vous souhaitez pour ce livre chez Renaud-Bray.
      Claire V.

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