La Mort de Peter Pan

Roman paru chez Québec-Amérique, Montréal, 2009, 215 p. Disponible en format ePub.

Résumé

« Tu vas voir, je vais mourir et ça te fera un vrai personnage de roman, un vrai de vrai! » Malcolm Wendell Walker ne pensait pas si bien dire…

Bien qu’il soit décédé en 1981 à l’âge 30 ans dans un incendie causé par une cigarette oubliée, il ne cesse de hanter la narratrice de ce récit. Plus de vingt ans après la tragédie, celle-ci refait le parcours du «personnage» né d’un père inconnu, un marin d’origine irlandaise, et d’une mère canadienne-anglaise de modeste condition.

Malcolm passe son enfance successivement dans une crèche, un orphelinat, un foyer d’accueil et une école de réforme avant d’être repris par sa mère quand elle en a les moyens financiers. Boucher de profession, Malcolm collectionne les conquêtes féminines grâce à un étrange magnétisme. Celle qui fut sa « dernière flamme » retourne donc sur les lieux où il a vécu, ou ce qu’il en reste. Elle revoit les personnes qui l’ont marqué (mère, épouse, amoureuses, amis, etc.) et se donne une mission à laquelle même le défunt se sera refusé : retrouver son vrai père, censé vivre à Liverpool.

En actualisant la prédiction de Malcolm, cet intriguant «bum» plein d’humour et de blessures, Claire Varin a cherché à se rapprocher du mystère ultime de l’être, à voyager entre les couches du réel, à avancer au bord des mondes et à faire part de ses étonnantes découvertes par le biais d’une écriture tout en finesse et en subtilité.

Extrait

« Des milliers de cercueils ont roulé entre les murs de ma maison. Des milliers de corps couchés sur du satin dans cet ancien salon funéraire acquis peu avant que ne se réalise ta prédiction. Ma demeure abrite sa cohorte d’esprits que je ne vois pas, Dieu merci, mais à qui, parfois, je rêve. Ils circulent dans les deux vastes pièces où s’agrippent au plafond, comme des chauves-souris dans leur grotte, les luminaires ayant éclairé la grande mue des trépassés.
« Un de plus ou de moins… bienvenue chez nous, Malcolm. Mais s’il te plaît, ne me fais pas le coup de te manifester grandeur nature. Il suffit que tu surgisses sur ma toile mentale, en tout petit, dans mon sommeil ou quand, les yeux fermés, je médite. Mon système nerveux fragile supporterait mal ton apparition. Si tu ne m’as pas encore joué le tour, je risque peu, bien que mon projet ravive une crainte atténuée avec les années. J’exploite ma peur, sécrétant de l’adrénaline pour enfourcher le cheval sauvage et noir, et cavaler vers ton histoire, puis déposer ta vie devant toi, t’offrir ses reflets dans mon miroir tendu. Sur la Terre, tu n’existes plus : les fers que je retournerai dans tes plaies ne devraient plus t’émouvoir. Je vais te raconter et tu resteras de marbre comme la plaquette qui me dérobe ton urne au funérarium. […] »


 

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2 réflexions sur “La Mort de Peter Pan

  1. Ta lettre à ton Malcommode d’Irlandais, mort bien trop jeune, me prend aux tripes, ce qui s’appelle prendre aux tripes. À travers l’amour romanesque voué à ce mal-aimé se dévolie une profonde analyse de ceux de sa trempe. C’est de la haute voltige. D’une écriture percutante. Je bénirai le destin qui a placé cette auteure sur les rayons de ma bibliothèque.

  2. J’ai dévoré ce roman. Quelle histoire! Vraiment trippant! Quelle jolie plume! Drôlement intense! Un récit pas banal. J’ai hâte de lire ‘Un prince incognito’ de cette talentueuse écrivaine.

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